Pratique des arts divinatoires et réseaux sociaux : une mise en perspective nécessaire
Mon intention est simple : remettre de la justesse et du discernement dans des pratiques qui méritent mieux que des raccourcis.
Depuis une dizaine d’années, les réseaux sociaux ont profondément transformé la manière dont la numérologie, l’astrologie et le tarot sont présentés au public. Des plateformes comme TikTok, Instagram ou YouTube ont permis une diffusion massive de ces disciplines, les rendant accessibles à un public toujours plus large.
Cette visibilité accrue est, en soi, une bonne chose. Elle a contribué à éveiller des curiosités, à démocratiser certains savoirs, et à susciter des vocations. Mais elle pose aussi une question essentielle : celle de la légitimité et du niveau réel de pratique.
Il est important de comprendre que les réseaux sociaux privilégient avant tout la forme. Les formats courts, percutants, émotionnels ou sensationnels sont favorisés par les algorithmes. Or, la numérologie, l’astrologie ou le tarot sont des disciplines complexes, symboliques, qui demandent du temps, de l’étude, de l’expérience et une réelle maturité intérieure.
Aujourd’hui, une grande partie des personnes qui s’expriment sur ces réseaux ne sont pas des professionnels au sens traditionnel du terme. Beaucoup sont des passionnés sincères, d’autres sont encore en phase d’apprentissage, et certains utilisent ces outils davantage comme des supports de contenu que comme de véritables disciplines d’analyse et d’accompagnement.
Cela ne signifie pas que ces personnes sont mal intentionnées ou dénuées de sensibilité. Mais il existe une différence fondamentale entre parler d’un sujet et le pratiquer en profondeur. L’expérience, acquise au fil des années, permet d’éviter les approximations, les interprétations hasardeuses et les projections personnelles sur les consultants.
Un nombre important d’années de pratique permet aussi d’intégrer une dimension essentielle souvent absente des contenus grand public : l’éthique. Savoir ce que l’on peut dire, ce que l’on ne doit pas dire, comment accompagner sans influencer, comment éclairer sans enfermer, comment transmettre sans créer de dépendance.
Sur les réseaux sociaux, la popularité est souvent confondue avec la compétence. Pourtant, le nombre de vues ou d’abonnés ne reflète ni la profondeur d’analyse, ni la justesse d’une lecture, ni la capacité à accompagner une personne dans le respect de son libre arbitre.
Il existe bien sûr des praticiens sérieux et compétents sur ces plateformes. Mais ils restent minoritaires face à une masse de contenus rapides, simplifiés à l’extrême, parfois même erronés. Cette réalité peut brouiller la perception du public et donner une image réductrice, voire caricaturale, de disciplines pourtant riches et exigeantes.
Pour les praticiens expérimentés, ayant parfois vingt, trente ans de pratique ou davantage, le défi n’est pas de rivaliser avec le sensationnel, mais de réaffirmer la valeur du temps, de l’expérience et de la transmission juste. Leur rôle est aussi de rappeler que ces disciplines ne sont pas des outils de prédiction absolue, mais des moyens de compréhension, de réflexion et d’évolution personnelle.
Les réseaux sociaux sont un outil. Ils peuvent servir le meilleur comme le pire. Tout dépend de la posture que l’on adopte, de l’intention qui anime la pratique et du respect que l’on porte à ces disciplines et aux personnes qui les consultent.
